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Mes BD à moi participe aux Challenges suivants:
Titre: Le Chant du Pluvier
Scénaristes: Amandine Laprun, Joseph Béhé
Dessinateur: Erwann Surcouf
Editeur: Delcourt
Collection: Mirage
Date de publication: Avril 2009
Une petite ferme dans le Béarn. La mère de Guilhem est morte, mais celui-ci est loin, et arrive en retard à son enterrement. Sa sœur Marilis lui en veut, comme d'habitude. Leur père, lui, est
content tout de même de le voir arriver. Guilhem est thésard, il étudie le réchauffement climatique au moyen-âge, au Groenland. Soucieux de changer les idées de son père, il l'invite à y passer
des vacances, ce qui n'est bien entendu pas du goût de la sœur.
Comme son titre ne le laisse pas deviner, cet album traite des relations père-enfants. Profitant de la disparition de la mère, les scénaristes chamboulent les liens entre le père restant, la
fille modèle (pour le père), et le fils prodigue (pour la mère). Mais aucun personnage n'est stéréotypé. Même si les séquences flash-backs peuvent laisser voir un père "paysan de base", ce qui
est présenté de lui lors du voyage est nettement plus positif, ce qui montre bien un personnage passé par une véritable évolution. Même Marilis évolue, elle durant l'escapade de son père, et
s'avère un peu moins désagréable que ce qu'elle n'y paraît. Et puis il y a Guilhem, le "héros". Personnage positif, à priori, plus ouvert que sa sœur, plus respectueux envers son père en tant
qu'individu. Et pourtant, est évoqué une faiblesse chez lui, à travers son rapport à la mère. Mais évoqué finement, avec justesse. Les deux scénaristes ont certes mis un béret au père, mais eux,
n'ont pas pris de gros sabots pour leurs personnages.
C'est donc une très belle lecture. Il n'y a que deux interrogations pour moi, petites. Que sont ces scènes en noir et blancs qui parsèment l'album? Des cauchemars? Ce n'est pas expliqué, et j'ai
du mal à en percevoir le sens. Deuxième détail, le rapport linguistique entre Guilhem et Amalissa. On pourrait croire que cette dernière parle français, suivant les cases, alors qu'il n'en n'est
rien. Une typographie différente aurait été bienvenue pour différencier les échanges en groenlandais voulus compréhensibles par les deux auteurs.
Au dessin, je ne connaissais pas Erwann Surcouf jusqu'alors. Il a un trait un peu épais, qui utilise beaucoup la couleur noir, mais qui a le don de souligner les visages, les détails. J'aime
bien, il propose vraiment des personnages différenciés, et des décors criants de vérité. C'est un bon choix, qui donne de la chaleur (ou du glacial) à l'histoire.
J'ai emprunté cet album, mais j'adorerai le voir figurer dans ma bibliothèque. C'est une belle œuvre, intelligente, fine, bien dessinée, que j'invite le plus grand nombre à découvrir. Réglages
d'oedipes préalables souhaités.
Ils en parlent aussi: Choco, Librairie Critic, Blog à Malice...
Le site de l'album. Celui d'Erwan Surcouf. Celui d'Amandine Laprun.
17/20