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Mes BD à moi participe aux Challenges suivants:
Titre : Nous ne serons jamais des héros
Scénariste: Olivier Jouvray
Dessinateur: Frédérik Salsedo
Coloriste: Greg Salsedo
Editeur: Le Lombard
Collection: Signé
Comme souvent le lundi maintenant, c'est une lecture surprise, une lecture que me prête Benjamin mon libraire, le samedi, avec pour mission d'en faire la critique. Sauf que cette fois-ci, vous
trouverez en même temps, sur le blog de la Librairie Glénat, la critique de Benjamin. Deux avis pour le prix d'un, en somme.
Michael a la trentaine, et une vie pas grandiose. Il ne trouve pas de boulot, son père est un vieux con, et sa mère est morte dans un accident voilà bien des années. J'oubliais Christine, la
grande sœur friquée et radine.
Le jour où la mère de Charles (le père de Mickael) meurt, celui-ci décide de se bouger, ce qu'il n'avait guère fait depuis la mort de sa femme. Il part pour un tour du monde, il veut revoir les
pays qu'ils avaient vu tous les deux avant l'accident. Et il oblige son fils à venir avec lui pour faire l'infirmière à domicile.
Très belle collection, pour une très belle histoire d'Olivier Jouvray. Je ne connaissais pas cette sub-division des Editions Le Lombard, mais elle semble vraiment permettre aux auteurs de
développer des histoires riches sans se soucier du nombre de pages. 80, pour cet album là.
Un voyage initiatique, les retrouvailles d'un père et son fils. Moi, ça me parle vraiment, j'ai vécu quelque chose de cet ordre dernièrement. Et je trouve que Jouvray s'en sort vraiment bien dans
la façon dont il met en place ces retrouvailles. Il ne force rien, n'exagère pas, et reste toujours dans la plus grande crédibilité. A-t-il vécu une histoire semblable, qu'il aurait comprise et
proposée dans cet album? Je vois mal autrement, car tout sonne juste. Le fils ne découvre pas soudainement que son père est un chic type. Le père reste un vieux chiant, con, mais mine de rien, le
voyage permet d'expliciter certaines des choses vécues par les deux hommes durant leur vie commune. Tout finit par prendre du sens. C'est dommage que cela se fasse si tard, c'est bien mieux de
pouvoir le vivre longtemps à deux, mais Olivier Jouvray écrit une histoire complètement juste, je le redis.
Et puis il met du fond. Déjà, sur Lincoln, on sentait bien que le scénariste n'avait pas un regard neutre sur le monde qui l'entourait. Mais là, il y va à fond, et nous livre des réflexions assez
profondes. Sur la mort, sur la place de notre génération dans le monde, sur les idéaux du passé... Là encore, j'adhère.
Cet album est très bien mis en valeur par Frédérik Salsedo. Son trait assez réaliste, avec parfois une pointe d'exagération humoristique, donne assez de distance pour permettre de savourer
pleinement l'histoire.
Cet album, c'est celui que je vais regretter de rendre à Benjamin mardi. C'est celui que pour le coup, j'ai envie d'acheter. Une œuvre profonde, dont j'aurai pu vous dire sans doute encore plus,
avec encore plus de lectures. Ou peut-être pas. Je sens cette histoire comme une psychothérapie. Il y a des portes qui ne s'ouvrent qu'une fois que l'on a trouvé la clé. Et on peut chercher
longtemps la bonne clé, dans le noir, sur le pas de la porte. Sauf si l'on a une petite lumière qui vient nous éclairer...